« NAP | Accueil | Pluie »

Réminiscences

Soudain le vent se fait plus fort, l'air est différent, une autre senteur, et quelque chose de plus, indéfinissable. A ce moment précis je sais que la pluie ne tardera pas dans les minutes qui suivent.
Je suis resté souvent à humer l'air debout les pieds en terre, les yeux vers l'ailleurs où jaillit l'éclair, les oreilles au tonnerre. Une sorte de communion très humble avec mon animal d'origine. Un moment privilégié avec la Nature, et ma Nature.

Eclairphotolaurentpirard

Commentaires

Je repense à tes photos sur les reflets. Très intéressant, et touchant pour moi qui travaille un peu sur Zhuangzi depuis quelques mois. Le reflet n'est pas la chose même, mais sa trace éphémère, parfois trompeuse. Il appelle un déchiffrage subtil, incertain.Prendre le monde visible comme un reflet, pour Zhuangzi, c'est indiquer l'existence d'un monde invisible qui lui sert de racine et de trame. Les reflets au milieu desquels nous vivons sont les émergences d'énergies subtiles, mais parfois presque palpables : esprits, démons, divinités, il est difficile de leur donner un nom. Une vie humaine, pour Zhuangzi, c'est une suite d'efforts plus ou moins réussis pour mettre ces deux mondes en résonnance par des gestes conrets : capturer les cigales, découper des boeufs, bref, répéter des gestes. Peu importe les systèmes théoriques que ces intuitions de Zhuangzi pourraient servir à fonder : ce qui compte pour Zhuangzi, dans l'usage du langage, c'est cet éclair qui relie le ciel et la terre, le visible et l'invisible, ces perceptions décalées qui font voir ce qui ne se voit pas, cet humour qui nous oblige à nous déplacer. Telle est son idée de la voie.

Poster un commentaire